Dès le 12 janvier,
Lacan Quotidien
d’un coup ravivé, impulsé, renouvelé
commence à diffuser
une nouvelle série de textes.
La semaine prochaine,
vous pourrez lire les contributions
de
Éric Laurent
Patricia Bosquin-Caroz
Jean-Claude Maleval
Miquel Bassols
Sarah Camous-Marquis
Angèle Terrier

Freud ne cède pas
La position adoptée par Freud en 1933 témoigne d’un courage peu commun face à l’adversité. Âgé de soixante-dix-sept ans, atteint d’une maladie cancéreuse depuis l’année 1923, sa ténacité face aux bouleversements politiques et son refus d’abandonner ses patients et ses collègues méritent d’être rappelés. Voici un court extrait d’un livre consacré à cette histoire.
« Au cours des premiers mois qui suivirent l’accession des nazis au pouvoir, il n’est pas exclu que Freud caressa l’idée de mourir en martyr. Il rejeta toutefois cette perpective qui n’était pas conforme à son désir, plus fervent, d’assurer la postérité de la psychanalyse.
Freud ne pouvait pas disparaître en martyr à Vienne. Politiquement parlant, c’eût été un désastre et la négation de sa lutte de toujours pour l’avenir de la psychanalyse. »
Sokolowsky L., Freud et les Berlinois. Du congrès de Budapest à l’Institut de Berlin, 1918-1933, Rennes, PUR, 2013, p. 202.
Lacan non plus
« Ce dont il s’agit, c’est de faire entendre que ce n’est pas elle [la destitution subjective] qui fait désêtre, être plutôt, singulièrement et fort. Pour en avoir l’idée, supposez la mobilisation de la guerre moderne telle qu’elle intervient pour un homme de la Belle Époque. Ça se trouve chez le futuriste qui y lit sa poésie, ou le publiciste qui rameute le tirage. Mais pour ce qui est de l’effet d’être, ça se touche mieux chez Jean Paulhan. Le Guerrier appliqué, c’est la destitution subjective dans sa salubrité.
Ou bien encore imaginez-moi en 61, sachant que je servais à mes collègues à rentrer dans l’Internationale, au prix de mon enseignement qui en sera proscrit. Je poursuis pourtant cet enseignement, moi au prix de ne m’occuper que de lui, sans m’opposer même au travail d’en détacher mon auditoire.
Ces séminaires dont quelqu’un à les relire, s’écriait devant moi récemment, sans plus d’intention m’a-t-il semblé, qu’il fallait que j’eusse bien aimé ceux pour qui j’en tenais le discours, voilà un autre exemple de destitution subjective. Eh bien, je vous en témoigne, on “être” assez fort en ce cas, au point de paraître aimer, voyez-vous ça. »
Lacan J., Autres écrits, p. 273-274.
